Les enjeux de la télémédecine

Les récents développements technologiques permettent aujourd’hui d’envisager de la télémédecine. Sans que ce soit un but en soi, elle pourrait apporter un appui indéniable aux déserts médicaux et faciliter la gestion du quotidien du patient. Parallèlement, on peut imaginer que les professionnels de santé se concentreraient plus largement sur la clinique, c’est-à-dire sur l’analyse des données du patient. Un monde parfait ? Un monde plus performant au moins.

La télémédecine a plusieurs aspects

La télémédecine veut dire littéralement médecine à distance. C’est une composante de la télésanté définit par le code de la santé publique comme « une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication ».  Elle regroupe 5 domaines :

  • La téléconsultation, dans laquelle une consultation est donnée à distance. Un autre professionnel de santé assiste le médecin à distance.
  • La télé-expertise permet à un professionnel médical de solliciter à distance l'avis d'un ou de plusieurs professionnels médicaux
  • La télésurveillance médicale permet à un professionnel de santé d’interpréter les données nécessaires au suivi médical du patient
  • La téléassistance médicale permet à un professionnel médical d'assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d'un acte
  • la réponse médicale apportée dans le cadre de la régulation médicale lors des appels passés auprès du SAMU ou des centres 15 fait partie des actes de télémédecine.

Intégration de la télémédecine dans la vie quotidienne

Tout se construit encore. Quelques actes ponctuels sont aujourd’hui utilisés et le remboursement probable de ces actes par l’assurance maladie permettrait le développement de ces activités. Si un patient se présente avec une plaque rouge parsemé de petits boutons atypiques, le médecin, démuni devant ce symptôme peu ordinaire et évolutif pourrait faire appel à un dermatologue en télé-expertise afin de l’aider dans le diagnostic et l’orienter soit vers une ordonnance type de première intention soit vers un rendez-vous dermatologique dont il pourrait définir le niveau d’urgence. Imaginez également les patients dans ces déserts médicaux, avec plus de 50km pour trouver un médecin complètement surchargé. Une cabine de téléconsultation à la pharmacie du village permettrait de traiter les renouvellements des patients chroniques et orienter les patients souffrant de pathologies aigues. Imaginez aussi un patient découvrant un diabète pour lequel un glucomètre connecté transmet régulièrement les données au médecin qui s’alertera que lorsque les valeurs sont mauvaises ou dangereuses… Des exemples, il pourrait y en avoir plein. Les outils modernes de communication et d’information sont au service des professionnels de votre santé.

 Limite de la télémédecine

Il ne faut pas jurer que par les nouveaux outils. Ils doivent avoir un but unique : améliorer la prise en charge et les soins du patient. C’est la raison pour laquelle la télémédecine, pourtant réglementé depuis 2009, n’est pas encore dans les mœurs. L’humain doit rester au centre de tous ces dispositifs. L’organisation et l’intégration dans le système de soin prend aussi du temps. L’information des professionnels et la formation dans un second temps est très délicate tant elle doit jouer sur les croyances et les susceptibilités. Enfin, les investissements pourraient être lourds, ce qui retardera le déploiement de ces pratiques

Appuyée par ces nouvelles techniques de communication, la santé prend un nouveau virage dans l’intérêt des patients. La mise en pratique changera probablement quelques habitudes mais permettra de concentrer plus d’intelligence et de connaissance autour d’aspect clinique du malade. Plus rapide pour avoir un premier avis médical pour s’orienter, plus efficace avec plusieurs experts autour du dossier et plus de suivi par les professionnels de santé du patient…Tels sont les promesses de la télémédecine !

Dr Xavier MOSNIER-THOUMAS